Sur la route, soyez smart sans phone!

Les risques liés au smartphone ne sont pas uniquement informatiques, mais aussi physiques. Dans la plupart des pays, les données collectées sur les accidents routiers et domestiques sont très claires : le smartphone joue un rôle non négligeable. Et parfois, il peut tuer.

On ne parlera pas des pratiques extrêmes qui ont pu être observées lorsqu’une application de jeu en ligne a suscité un engouement mondial, avec des débordements presque inévitables.

Dans l’usage quotidien et banal du smartphone, on constate des comportements à risque de plus en plus répandus : l’utilisation du smartphone est le phénomène le plus connu et celui sur lequel les pouvoirs publics commencent à se mobiliser. Mais les automobilistes ne sont pas les seuls à blâmer.

Les piétons adoptent parfois des comportements inconscients et dangereux pour eux-mêmes, parce qu’ils ont les yeux rivés sur leur écran. Même les cyclistes sont parfois pris en défaut. Les conséquences peuvent être graves. Il ne s’agit pas d’une simple chute à cause sur un trottoir glissant. Le fait de se couper de son environnement extérieur peut être mortel. Plusieurs accidents fatals se sont déjà produits !

Enfin, à la maison, l’utilisation du smartphone peut également provoquer des accidents domestiques.

Reprenons les 3 cas de figure dans l’ordre.

Au volant

Ici, les choses sont claires et les dangers bien identifiés. Le conducteur indiscipliné met sa vie en danger et aussi celle des autres.

  • Utiliser le téléphone au volant multiplie le risque d’accident par 3.
  • 1 accident sur 10 est attribué à l’usage du téléphone au volant.
  • 16% des accidents mortels sur autoroute lui sont imputable.

Pour ne pas prendre de risque, il faut impérativement s’en tenir aux règles suivantes :

  • Ne jamais téléphoner au volant, envoyer des messages ou utiliser des applis.
  • De préférence, éteindre ou mettre sur messagerie son téléphone avant de partir.
  • Confier son téléphone à un passager et lui demander de répondre à sa place.
  • Pour appeler ou récupérer ses messages, s’arrêter dans un lieu adapté : ni sur la bande d’arrêt d’urgences de l’autoroute, ni en double file ou au feu rouge en ville.
  • Si la personne contactée par téléphone conduit, mettre fin de soi-même à l’appel.
  • En cas de panne ou témoin d’un accident, s’arrêter dans un endroit sécurisé pour appeler les secours : le 112 (numéro d’urgence en Europe).

Les pouvoirs publics et les compagnies d’assurance mènent des campagnes de plus en plus visibles pour sensibiliser les conducteurs. L’approche préventive est privilégiée dans un 1er temps, mais il est clair qu’une certaine dose de répression sera mise en œuvre à moyen terme. Par la police d’abord, et peut-être par des solutions plus technologiques à l’avenir, avec des systèmes qui permettraient de bloquer partiellement ou totalement l’usage des smartphones dans la voiture.

Au Luxembourg, le Ministère du Développement durable a lancé une campagne sur le thème « Keen Handy op de Strooss », en collaboration avec les responsables de la sécurité routière de la police grand-ducale.  Le thème se décline en 4 vidéos de dix secondes, reprenant le graphisme de nos applications préférées, avec des messages clairs et percutants :

  • Don’t call and drive
  • Don’t check (your email) and drive
  • Don’t like and drive
  • Don’t tweet and drive

 

À pied ou à vélo

L’utilisation du smartphone sur la voie publique est devenue une banalité, surtout chez les jeunes. Cette habitude peut paraître anodine sur le trottoir et les espaces réservés aux « usagers faibles », mais elle n’est pourtant pas sans risque. Un événement inattendu peut arriver et exiger une réaction immédiate, le piéton dont les 5 sens ne sont pas en éveil sur ce qui l’entoure peut être victime d’un accident, même sur le trottoir, à moins qu’il ne le provoque lui-même, en bousculant une autre personne par exemple.

Les chiffres relatifs aux comportements des piétons sont aussi frappants. D’après le Bureau de Statiques fédéral allemand,  environ  10%  des  accidents  mortels  sur  les  routes  allemandes  sont  causé  par  des  piétons  ayant  un  comportement inapproprié.

Près de 50% de ces cas impliquent des piétons qui ne prêtent pas attention aux véhicules sur la route. Même si les enfants sont souvent la cause d’accidents, il semblerait qu’il y ait d’autres tranches d’âge concernées.

Il n’existe pas encore de corrélation exacte entre l’usage du smartphone par les piétons et les accidents, mais les comportements à risques observés sont bien présents :

Une récente étude menée dans plusieurs villes européennes a révélé que

  • 17% des piétons utilisaient leur smartphone durant leurs déplacements urbains ;
  • 8% n’hésitent pas à traverser la route tout en utilisant leur smartphone pour consulter des messages ou en envoyer ;
  • 5% portent des écouteurs en traversant la route.

L’utilisation d’un smartphone et d’autres formes de distractions représentent donc un danger pour les usagers les plus faibles. Le cas des cyclistes est particulier puisqu’ils cumulent les facteurs de risques : ils empruntent la route, ils n’ont pas de carrosserie, ils ont besoin de leurs 2 mains et de leurs 5 sens pour trouver leur place entre les voitures. L’usage du smartphone est donc absolument exclu.

Certaines villes ont pris le problème des piétons mobinautes particulièrement au sérieux et ont mis en place une signalisation au sol pour les guider. Cette solution est controversée, car elle est considérée par ses détracteurs comme un encouragement à adopter des comportements à risque. D’autres prônent des mesures beaucoup plus répressives comme des sanctions pour les piétons qui traversent en utilisant leur smartphone. Entre prévention, répression et adaptation, aucune solution idéale ne s’est encore imposée, mais le besoin est bien réel, car des vies sont en jeu !

À la maison

Face aux dangers de la route, on serait tentés de rester chez soi, à l’abri et calfeutrés dans un environnement rassurant. Erreur! Les accidents domestiques font davantage de victimes que les accidents de la route. Vous voilà prévenus…  Par ailleurs, les smartphones font leur apparition dans les causes d’accidents, même si les chiffres ne sont pas encore très précis (on parle de +- 10%). Les enfants en bas âge sont particulièrement concernés, lorsque leurs parents manquent de vigilance.

Dans ce domaine, difficile de prendre des mesures publiques puisqu’on se situe dans le cadre privé. Il appartient donc à chacun de rester vigilant. Pour être plus « smart » que son phone, mieux vaut peut-être l’éteindre ou l’abandonner de temps en temps.

 

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